mercredi 10 avril 2013

Vivre en chrétiens malgré nos faiblesses

Audience Générale du Pape François.

Chers frères et sœurs, bonjour !


Au cours de la dernière catéchèse, nous nous sommes arrêtés sur l’événement de la Résurrection de Jésus, dans lequel les femmes ont eu un rôle particulier. Aujourd’hui, je voudrais m’arrêter sur sa portée salvifique. Que signifie la Résurrection pour notre vie ? Et pourquoi notre foi est-elle vaine sans elle ? Notre foi se fonde sur la Mort et la Résurrection du Christ, précisément comme une maison s’appuie sur des fondements : si ils cèdent, toute la maison s’écroule. Sur la Croix, Jésus s’est offert lui-même en assumant nos péchés et en descendant dans l’abîme de la mort, et dans la Résurrection, il les vainc, les ôte, et nous ouvre la voie pour renaître à une vie nouvelle. Saint Pierre l’exprime de façon synthétique au début de sa première lettre, comme nous l’avons écouté : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ: dans sa grande miséricorde, il nous a engendrés de nouveau par la Résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour une vivante espérance, pour un héritage exempt de corruption, de souillure, de flétrissure » (1, 3-4).

L’apôtre nous dit qu’avec la Résurrection de Jésus, quelque chose d’absolument nouveau a lieu : nous sommes libérés de l’esclavage du péché et nous devenons fils de Dieu, c’est-à-dire que nous sommes engendrés à nouveau à une vie nouvelle. Quand cela se réalise-t-il pour nous ? Dans le sacrement du baptême. Par le passé, il se recevait normalement par immersion. Celui qui devait être baptisé descendant dans le grand bassin du baptistère, quittant ses vêtements, et l’évêque ou le prêtre lui versait par trois fois l’eau sur la tête, le baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Puis, le baptisé sortait du bassin et revêtait le nouvel habit, blanc : c’est-à-dire qu’il naissait à une vie nouvelle, en se plongeant dans la Mort et la Résurrection du Christ. Il était devenu fils de Dieu. Saint Paul, dans la Lettre aux Romains, écrit : vous « avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : “Abba! Père!” » (Rm 8, 15). C’est précisément l’Esprit que nous avons reçu dans le baptême qui nous enseigne, nous pousse, à dire à Dieu : « Père », ou mieux, « Abba ! », ce qui signifie « papa ». Tel est notre Dieu : c’est un papa pour nous. L’Esprit Saint réalise en nous cette nouvelle condition de fils de Dieu. Et cela est le plus grand don que nous recevons du Mystère pascal de Jésus. Et Dieu nous traite comme ses enfants, il nous comprend, nous pardonne, nous embrasse, nous aime, même lorsque nous nous trompons. Dans l’Ancien Testament, le prophète Isaïe affirmait déjà que même si une mère oubliait son fils, Dieu ne nous oublie jamais, à aucun moment (cf. 49, 15). Et cela est beau !

Toutefois, cette relation filiale avec Dieu n’est pas comme un trésor que nous conservons dans un coin de notre vie, mais elle doit croître, elle doit être nourrie chaque jour par l’écoute de la Parole de Dieu, la prière, la participation aux sacrements, en particulier de la pénitence et de l’Eucharistie, et la charité. Nous pouvons vivre en fils ! Telle est notre dignité — nous avons la dignité de fils. Nous comporter comme de véritables fils ! Cela signifie que chaque jour, nous devons laisser le Christ nous transformer et nous configurer à Lui ; cela signifie vivre en chrétiens, chercher à le suivre, même si nous voyons nos limites et nos faiblesses. La tentation de laisser Dieu de côté pour nous mettre nous-mêmes au centre est toujours présente et l’expérience du péché blesse notre vie chrétienne, notre condition d’enfants de Dieu. C’est pourquoi nous devons avoir le courage de la foi et ne pas nous laisser guider par la mentalité qui nous dit : « Dieu ne sert pas, il n’est pas important pour toi », et ainsi de suite. C’est précisément le contraire : ce n’est qu’en nous comportant en enfants de Dieu, sans nous décourager pour nos chutes, pour nos péchés, en nous sentant aimés par Lui, que notre vie sera renouvelée, animée par la sérénité et par la joie. Dieu est notre force ! Dieu est notre espérance !

Chers frères et sœurs, nous devons être les premiers à avoir cette ferme espérance et nous devons en être un signe visible, clair, lumineux pour tous. Le Seigneur Ressuscité est l’espérance qui ne fait jamais défaut, qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5). L’espérance ne déçoit pas. Celle du Seigneur ! Combien de fois dans notre vie les espérances s’évanouissent-elles, combien de fois les attentes que nous portons dans notre cœur ne se réalisent pas ! Notre espérance de chrétiens est forte, sûre, solide sur cette terre, où Dieu nous a appelés à marcher, et elle est ouverte à l’éternité, parce qu’elle est fondée sur Dieu, qui est toujours fidèle. Nous ne devons pas oublier : Dieu est toujours fidèle ; Dieu est toujours fidèle avec nous. Être ressuscités avec le Christ au moyen du baptême, avec le don de la foi, pour un héritage qui ne se corrompt pas, nous conduit à rechercher davantage les choses de Dieu, à penser davantage à Lui, à le prier davantage. Etre chrétiens ne se réduit pas à suivre des commandements, mais veut dire être en Christ, penser comme Lui, agir comme Lui, aimer comme Lui ; c’est Le laisser prendre possession de notre vie et la changer, la transformer, la libérer des ténèbres du mal et du péché.

Chers frères et sœurs, à ceux qui nous demandent raison de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15), nous montrons le Christ Ressuscité. Nous le montrons à travers l’annonce de la Parole, mais surtout à travers notre vie de ressuscités. Nous montrons la joie d’être des enfants de Dieu, la liberté que nous donne la vie en Christ, qui est la véritable liberté, celle qui nous sauve de l’esclavage du mal, du péché, de la mort ! Tournons-nous vers la Patrie céleste, nous aurons une lumière et une force nouvelles également dans notre engagement et dans nos difficultés quotidiennes. C’est un service précieux que nous devons rendre à notre monde, qui souvent ne réussit plus à lever les yeux vers le haut, qui ne réussit plus à lever les yeux vers Dieu.

Audience Générale du 10 avril 2013

dimanche 7 avril 2013

Dieu est patient avec nous car il nous aime

Homélie prononcée par le Pape François en la Basilique du Latran, pour la prise de possession de sa chaire d'évêque de Rome.


Avec joie je célèbre pour la première fois l’Eucharistie dans cette Basilique du Latran, Cathédrale de l’Évêque de Rome. Je vous salue tous avec grande affection [...]. Marchons ensemble dans la lumière du Seigneur Ressuscité.

1. Nous célébrons aujourd’hui le deuxième dimanche de Pâques, appelé aussi « de la Divine Miséricorde ». Qu’elle est belle, cette réalité de la foi pour notre vie : la miséricorde de Dieu ! Un amour aussi grand, aussi profond, celui de Dieu pour nous, un amour qui ne fait pas défaut, qui nous saisit toujours par la main et nous soutient, nous relève, nous guide.

2. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, l’apôtre Thomas fait justement l’expérience de la miséricorde de Dieu, qui a un visage concret, celui de Jésus, de Jésus Ressuscité. Thomas ne se fie pas à ce que les autres Apôtres lui disent : « Nous avons vu le Seigneur » ; la promesse de Jésus qui avait annoncé : je ressusciterai le troisième jour, ne lui suffit pas. Il veut voir, il veut mettre sa main dans la marque des clous et dans son côté. Et quelle est la réaction de Jésus ? La patience : Jésus n’abandonne pas Thomas l’entêté dans son incrédulité ; il lui donne le temps d’une semaine, il ne ferme pas la porte, il attend. Et Thomas reconnaît sa propre pauvreté, son peu de foi. « Mon Seigneur et mon Dieu » : par cette invocation simple mais pleine de foi, il répond à la patience de Jésus. Il se laisse envelopper par la miséricorde divine, il la voit en face, dans les plaies des mains et des pieds, dans le côté ouvert, et il retrouve la confiance : il est un homme nouveau, non plus incrédule, mais croyant.

Et rappelons-nous aussi Pierre : par trois fois il renie Jésus, juste au moment où il devait lui être plus proche ; et quand il touche le fond, il rencontre le regard de Jésus qui, avec patience, sans paroles, lui dit : « Pierre, n’aies pas peur de ta faiblesse, aies confiance en moi » ; et Pierre comprend, sent le regard d’amour de Jésus et pleure. Qu’il est beau, ce regard de Jésus – que de tendresse ! Frères et sœurs, ne perdons jamais confiance en la miséricorde patiente de Dieu !

Pensons aux deux disciples d’Emmaüs : le visage triste, une marche vaine, sans espérance. Mais Jésus ne les abandonne pas : il parcourt le chemin avec eux, et pas seulement ! Avec patience, il explique les Écritures qui le concernaient et il reste avec eux pour partager le repas. C’est le style de Dieu : il n’est pas impatient comme nous, nous qui voulons souvent tout et tout de suite, même avec les personnes. Dieu est patient avec nous car il nous aime, et qui aime comprend, espère, fait confiance, n’abandonne pas, ne coupe pas les ponts, sait pardonner. Souvenons-nous de cela dans notre vie de chrétiens : Dieu nous attend toujours, même quand nous nous sommes éloignés ! Lui n’est jamais loin, et si nous revenons à lui, il est prêt à nous embrasser.

Relire la parabole du Père miséricordieux me fait toujours grande impression, cela me fait impression parce qu’elle me donne toujours une grande espérance. Pensez au plus jeune fils qui était dans la maison de son Père, il était aimé ; et pourtant il veut sa part d’héritage ; il s’en va, il dépense tout, il arrive au plus bas niveau, plus loin de son Père ; et quand il a touché le fond, il a la nostalgie de la chaleur de la maison paternelle et il retourne. Et le Père ? Avait-il oublié son fils ? Non, jamais. Il est là, il l’aperçoit de loin, il l’attendait chaque jour, chaque moment : il est toujours resté dans cœur comme un fils, même s’il l’avait abandonné, même s’il avait dilapidé tout le patrimoine, c’est-à-dire sa liberté ; le Père, avec patience et amour, avec espérance et miséricorde n’avait pas cessé un instant de penser à lui, et à peine l’aperçoit-il encore au loin, il court à sa rencontre et l’embrasse avec tendresse, la tendresse de Dieu, sans une parole de reproche : il est revenu ! Et c’est cela la joie du père. Dans le fait d’embrasser son fils, il y a toute cette joie : il est revenu ! Dieu nous attend toujours, il ne se fatigue pas. Jésus nous manifeste cette patience miséricordieuse de Dieu pour que nous retrouvions confiance, espérance, toujours ! Un grand théologien allemand, Romano Guardini, disait que Dieu répond à notre faiblesse avec sa patience et c’est le motif de notre confiance, de notre espérance (cf. Glaubenserkenntnis, Würzburg 1949, p. 28). C’est comme un dialogue entre notre faiblesse et la patience de Dieu, c’est un dialogue qui nous donne espérance, si nous le faisons.

3. Je voudrais souligner un autre élément : la patience de Dieu doit trouver en nous le courage de revenir à lui, quelle que soit l’erreur, quel que soit le péché qui est dans notre vie. Jésus invite Thomas à mettre la main dans les plaies de ses mains et de ses pieds, et dans la blessure de son côté. Nous aussi nous pouvons entrer dans les plaies de Jésus, nous pouvons le toucher réellement ; et cela arrive chaque fois que nous recevons avec foi les Sacrements. Dans une belle homélie saint Bernard disait : « Par les plaies [de Jésus], je puis goûter le miel de ce roc et l’huile qui coule de la pierre très dure (cf. Dt 32, 13), c’est-à-dire goûter et voir combien le Seigneur est bon » (Homélie sur le Cantique des Cantiques 61, 4). C’est justement dans les plaies de Jésus que nous sommes assurés, c’est là que se manifeste l’immense amour de son cœur. Thomas l’avait compris. Saint Bernard se demande : mais sur quoi puis-je compter ? Sur mes mérites ? Mais « mon mérite, c’est (…) la miséricorde du Seigneur, et je ne manquerai pas de mérite tant que la miséricorde ne lui fera pas défaut. Si les miséricordes de Dieu se multiplient, mes mérites seront nombreux » (Id., 5). Ceci est important : le courage de m’en remettre à la miséricorde de Jésus, de compter sur sa patience, de me refugier toujours dans les plaies de son amour. Saint Bernard arrive à affirmer : « Mais qu’arrivera-t-il si j’ai à me reprocher quantité de fautes ? “Là où le péché s’était multiplié, la grâce à surabondé” (Rm 5, 20) » (Ibid.). Quelqu’un parmi nous peut peut-être penser : mon péché est tellement grand, mon éloignement de Dieu est comme celui du plus jeune fils de la parabole, mon incrédulité est comme celle de Thomas ; je n’ai pas le courage de retourner, de penser que Dieu puisse m’accueillir et qu’il m’attende, moi. Mais Dieu t’attend, toi, il te demande seulement le courage de venir à lui. Combien de fois dans mon ministère pastoral on m’a répété : « Père, j’ai beaucoup de péchés » ; et l’invitation que j’ai toujours faite est : « Ne crains pas, va chez lui, il t’attend, Lui fera tout ». Que de propositions mondaines entendons-nous autour de nous, mais laissons-nous saisir par la proposition de Dieu, la sienne est une caresse d’amour. Pour Dieu, nous ne sommes pas des numéros, nous sommes importants, ou mieux, nous sommes le plus important de ce qu’il a ; même pécheurs, nous sommes ce qui lui tient le plus à cœur.

Après son péché, Adam éprouve de la honte, il se sent nu, il ressent le poids de ce qu’il a fait ; et pourtant Dieu ne l’abandonne pas : si à ce moment-là, avec le péché, commence l’exil de chez Dieu, il y a déjà la promesse du retour, la possibilité de retourner à Dieu. Dieu demande immédiatement : « Adam, où es-tu ? », il le cherche. Jésus est devenu nu pour nous, il a pris sur lui la honte d’Adam, la nudité de son péché pour laver notre péché : par ses plaies nous avons été guéris. Rappelez-vous celui de Saint Paul : de quoi je me vanterai, sinon de ma faiblesse, de ma pauvreté ? C’est vraiment dans le fait de ressentir mon péché, dans le fait de regarder mon péché que je peux voir et rencontrer la miséricorde de Dieu, son amour et aller à lui pour en recevoir le pardon.

Dans ma vie personnelle, j’ai vu bien des fois le visage miséricordieux de Dieu, sa patience ; j’ai vu aussi en de nombreuses personnes le courage d’entrer dans les plaies de Jésus en lui disant : Seigneur, me voici, accepte ma pauvreté, cache dans tes plaies mon péché, lave-le avec ton sang. Et j’ai toujours vu que Dieu l’a fait, a accueilli, consolé, lavé, aimé.

Chers frères et sœurs, laissons-nous envelopper par la miséricorde de Dieu ; comptons sur sa patience qui nous donne toujours du temps ; ayons le courage de retourner dans sa maison, de demeurer dans les blessures de son amour, en nous laissant aimer par lui, de rencontrer sa miséricorde dans les Sacrements. Nous éprouverons sa tendresse, si belle, nous sentirons qu’il nous embrasse et nous serons nous aussi plus capables de miséricorde, de patience, de pardon, d’amour.

Prise de possession de la chaire d'Evêque de Rome

La béatitude de la foi

Paroles du pape François avant le Regina Coeli.

Chers frères et sœurs,

Bonjour ! (applaudissements)

En ce dimanche qui conclut l’Octave de Pâques, je renouvelle à tous mes vœux pascals avec les paroles mêmes de Jésus ressuscité : « La paix soit avec vous !». Ce n’est pas un salut, ni un simple vœu : c’est un don, LE don précieux que le Christ offre à ses disciples après être passé par la mort et les enfers.

Il donne la paix, comme il l’avait promis : « C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. » (Jn 14,27). Cette paix est le fruit de la victoire de l’amour de Dieu sur le mal, c’est le fruit du pardon. Et il en va ainsi : la vraie paix, la paix profonde, vient de l’expérience de la miséricorde de Dieu.

Aujourd’hui est le dimanche de la divine Miséricorde, par volonté du bienheureux Jean-Paul II (applaudissements), qui a d’ailleurs quitté ce monde en la veille de cette fête.

L’Evangile de Jean nous rapporte que Jésus apparaît deux fois aux Apôtres enfermés au Cénacle : la première, le soir même de la résurrection, alors que Thomas n’était pas là, lui qui a dit : Si je ne vois et si je ne touche pas, je ne croirai pas.

La seconde fois, huit jours plus tard, Thomas aussi était là. Et Jésus s’adressa à lui, l’invita à regarder les blessures, à les toucher ; et Thomas s’exclama : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,28). Jésus lui dit alors : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » (v. 29).

Et quels étaient ceux qui avaient cru sans voir ? D’autres disciples, d’autres hommes et femmes de Jérusalem qui, même sans avoir rencontré Jésus ressuscité, crurent sur le témoignage des Apôtres et des femmes.

C’est une parole très importante sur la foi, nous pouvons l’appeler la béatitude de la foi. Heureux ceux qui croient sans avoir vu, c’est la béatitude de la foi ! En tout temps et en tout lieu, heureux ceux qui, à travers la Parole de Dieu, proclamée dans l’Eglise et témoignée par les chrétiens, croient que Jésus-Christ est l’amour de Dieu incarné, la Miséricorde incarnée. Et ceci vaut pour chacun de nous !

Avec la paix, Jésus donne aussi l’Esprit-Saint aux Apôtres, afin qu’ils puissent répandre dans le monde le pardon des péchés, ce pardon que seul Dieu peut donner, et qui a coûté le Sang du Fils (cf. Jn 20,21-23).

L’Eglise est envoyée par le Christ ressuscité pour transmettre aux hommes la rémission des péchés, et ainsi faire grandir le Règne de l’amour, semer la paix dans les coeurs, afin qu’elle s’affirme aussi dans les relations, dans les sociétés, dans les institutions. Et l’Esprit du Christ ressuscité chasse la peur du cœur des Apôtres et les pousse à sortir du Cénacle pour porter l’Evangile. Ayons nous aussi plus de courage pour témoigner la foi dans le Christ ressuscité ! Nous ne devons pas avoir peur d’être chrétiens et de vivre en chrétiens !

Nous devons avoir ce courage d’aller et d’annoncer le Christ ressuscité car Il est notre paix. Il a fait la paix par son amour, par son pardon, par son sang et par sa miséricorde.

Chers amis, cet après-midi je célèbrerai l’Eucharistie dans la basilique de Saint-Jean-du-Latran, qui est la cathédrale de l’évêque de Rome. Prions ensemble la Vierge Marie, pour qu’elle nous aide, Evêque et Peuple, à cheminer dans la foi et dans la charité, en nous confiant toujours dans la miséricorde du Seigneur qui toujours nous attend, nous aime, qui nous a pardonné par son sang et nous pardonne chaque fois que nous allons à Lui demander le pardon. Ayons confiance dans sa miséricorde !


mercredi 3 avril 2013

La résurrection du Christ est notre plus grande certitude

Audience Générale du Pape François.

Chers frères et sœurs, bonjour. Nous reprenons aujourd’hui les catéchèses de l’Année de la foi.

Dans le Credo, nous redisons cette expression : « il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ». C’est justement cet événement que nous célébrons : la résurrection de Jésus, centre du message chrétien, qui résonne depuis les commencements et qui a été transmis afin d’arriver jusqu’à nous. Saint Paul écrit ceci aux chrétiens de Corinthe : « Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze » (1 Co 15, 3-5).

Cette brève profession de foi annonce précisément le mystère pascal, avec les premières apparitions du Ressuscité à Pierre et aux Douze : La mort et la résurrection de Jésus sont le cœur de notre espérance. Sans cette foi en la mort et la résurrection de Jésus, notre espérance sera faible, mais ce ne sera même pas l’espérance, et c’est justement la mort et la résurrection de Jésus qui sont le cœur de notre espérance. L’apôtre affirme : « si le Christ n'est pas ressuscité, vaine est votre foi ; vous êtes encore dans vos péchés » (v. 17).

Malheureusement, on a souvent cherché à obscurcir la foi en la résurrection de Jésus et des doutes se sont insinués jusque parmi les croyants eux-mêmes. C’est un peu une foi « à l’eau de rose », comme on dit chez nous ; ce n’est pas la foi forte. Et ceci parce qu’on reste à la surface des choses, ou parfois par indifférence, parce qu’on est occupé par mille choses que l’on considère plus importantes que la foi, ou encore parce qu’on a une vision seulement horizontale de la vie. Mais c’est justement la Résurrection qui nous ouvre à l’espérance la plus grande, parce qu’elle ouvre notre vie et la vie du monde à l’avenir éternel de Dieu, au bonheur total, à la certitude que le mal, le péché et la mort peuvent être vaincus. Et cela amène à vivre les réalités quotidiennes avec plus de confiance, à les affronter avec courage et engagement. La résurrection du Christ illumine d’une lumière nouvelle ces réalités quotidiennes. La résurrection du Christ est notre force !

Mais comment cette vérité de foi de la résurrection du Christ nous a-t-elle été transmise ? Il y a deux sortes de témoignages dans le Nouveau Testament : certains ont la forme d’une profession de foi, c’est-à-dire de formules synthétiques qui indiquent quel est le centre de la foi ; d’autres, en revanche, prennent la forme d’un récit de l’événement de la résurrection et des faits qui y sont liés. La première, la profession de foi, par exemple, est celle que nous venons d’entendre, ou bien celle de la Lettre aux Romains, dans laquelle saint Paul écrit : « En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (10, 9).

Dès les premiers pas de l’Église, la foi dans le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus est bien claire et solide. Mais aujourd’hui, je voudrais m’arrêter sur la seconde, sur le témoignage sous la forme d’un récit, que nous trouvons dans les Évangiles. Nous remarquons avant tout que les premiers témoins de cet événement furent les femmes. À l’aube, elles se rendent au sépulcre pour oindre le corps de Jésus et elles trouvent le premier signe : la tombe vide (cf. Mc 16, 1). Vient ensuite la rencontre avec un messager de Dieu qui annonce : Jésus de Nazareth, le Crucifié, n’est pas ici, il est ressuscité (cf. vv. 5-6). Les femmes sont poussées par l’amour et elles savent accueillir cette annonce avec foi : elles croient et, aussitôt, elles la transmettent, elles ne la gardent pas pour elles, elles la transmettent.

La joie de savoir que Jésus est vivant, l’espérance qui remplit le cœur, ne peuvent pas être contenues. C’est ce qui devrait aussi se passer dans notre vie. Nous éprouvons la joie d’être chrétiens ! Nous croyons en un Ressuscité qui a vaincu le mal et la mort ! Ayons le courage de « sortir » pour apporter cette joie et cette lumière dans tous les lieux de notre vie ! La résurrection du Christ est notre plus grande certitude : c’est le trésor le plus précieux ! Comment ne pas partager ce trésor, cette certitude, avec les autres ? Elle n’est pas uniquement pour nous, il faut la transmettre, la donner aux autres, la partager avec les autres. C’est justement cela notre témoignage.

Un autre élément : dans les professions de foi du Nouveau Testament, les témoins de la Résurrection qui sont mentionnés sont uniquement des hommes, les apôtres, mais pas les femmes. C’est parce que, selon la loi juive de l’époque, les femmes et les enfants ne pouvaient pas donner un témoignage fiable, crédible. Dans les Évangiles, au contraire, les femmes ont un rôle primordial, fondamental. Nous pouvons saisir ici un élément en faveur du caractère historique de la Résurrection : s’il s’était agi d’un fait inventé, dans le contexte de l’époque, il n’aurait pas pu se baser sur le témoignage des femmes. Les évangélistes, eux, racontent simplement ce qui s’est passé : les premiers témoins sont les femmes.

Ceci nous montre que Dieu ne choisit pas selon les critères humains : les premiers témoins de la naissance de Jésus sont les bergers, des gens simples et humbles ; les premiers témoins de la Résurrection sont les femmes. Et ça, c’est beau. Et c’est un peu la mission des femmes : des mamans, des femmes ! Témoigner auprès de leurs enfants, de leurs petits-enfants, que Jésus est vivant, qu’il est le Vivant, qu’il est ressuscité. Les mamans et les femmes, allez-y ! Témoignez !

Pour Dieu, c’est le cœur qui compte : combien nous sommes ouverts à sa présence, si nous sommes comme des enfants qui font confiance. Mais ceci nous fait réfléchir aussi sur la manière dont les femmes, dans l’Église et dans ce chemin de foi, ont eu, et ont encore aujourd’hui, le rôle particulier d’ouvrir les portes au Seigneur, de le suivre et de communiquer son Visage, parce que le regard de foi a toujours besoin du regard simple et profond de l’amour. Les apôtres et les disciples ont davantage de mal à croire. Les femmes, non. Pierre court au sépulcre, mais il s’arrête devant le tombeau vide ; Thomas doit toucher de ses mains les blessures du corps de Jésus. C’est important aussi, dans notre chemin de foi, de savoir et de sentir que Dieu nous aime, de ne pas avoir peur de l’aimer : la foi se professe avec les lèvres et avec le cœur, par les paroles et par l’amour.

Après les apparitions aux femmes, d’autres suivront. Jésus se rend présent de manière nouvelle : il est le Crucifié, mais son corps est glorieux ; il n’est pas revenu à la vie terrestre, mais il revêt une condition nouvelle. Au début, on ne le reconnaît pas, et c’est seulement grâce à ses paroles et à ses gestes que les yeux s’ouvrent : la rencontre avec le Ressuscité transforme, donne à la foi une nouvelle force, un fondement inébranlable. Pour nous aussi, il y a beaucoup de signes par lesquels Jésus se fait reconnaître : l’Écriture sainte, l’Eucharistie, les autres sacrements, la charité, ces gestes d’amour qui apportent un rayon du Ressuscité. Laissons-nous illuminer par la résurrection du Christ, laissons-nous transformer par sa force pour que, à travers nous, dans le monde, les signes de mort laissent place aux signes de vie.

J’ai vu qu’il y a beaucoup de jeunes sur la place. Les voici ! A vous, je vous dis : apportez cette certitude : le Seigneur est vivant et il marche à vos côtés dans votre vie. C’est votre mission ! Allez apporter cette espérance. Soyez ancrés dans cette espérance : cette ancre qui est dans le ciel ; tenez bien la corde, soyez ancrés et allez apporter cette espérance. Vous, les témoins de Jésus, allez apporter le témoignage que Jésus est vivant et cela nous donnera l’espérance, cela donnera de l’espérance à ce monde un peu vieilli par les guerres, le mal, le péché. Allez-y, les jeunes !


lundi 1 avril 2013

Exprimer dans la vie le sacrement que nous avons reçu

Allocution du Pape François avant le Regina Caeli.

Chers frères et sœurs, bonjour et bonnes fêtes de Pâques à tous!

Je vous remercie d’être venus si nombreux aujourd’hui encore, pour partager la joie de Pâques, mystère central de notre foi. 


Puisse la force de la Résurrection du Christ rejoindre chaque personne – spécialement ceux qui souffrent – et toutes les situations qui ont le plus besoin de confiance et d’espérance.

Le Christ a vaincu le mal de façon pleine et définitive, mais c’est à nous, les hommes, de chaque époque, d’accueillir cette victoire dans notre vie, et dans les réalités concrètes de l’histoire et de la société.

C’est pourquoi il me semble important de souligner ce que nous demandons aujourd’hui dans la liturgie : « Ô Père, toi qui fais grandir ton Eglise ne lui donnant toujours de nouveaux enfants, accorde à tes fidèles d’exprimer dans la vie le sacrement qu’ils ont reçu dans la foi » (Collecte du Lundi de l’Octave de Pâques).

C’est vrai, le baptême nous fait enfants de Dieu, l’Eucharistie qui nous unit au Christ, doivent devenir vie, se traduire en attitudes, en comportements, en gestes, en choix.

La grâce contenue dans les sacrements de Pâques est un potentiel de renouveau énorme pour l’existence personnelle, pour la vie des familles, pour les relations sociales.

Mais tout passe par le cœur humain : si je me laisse rejoindre par la grâce du Christ ressuscité, si je lui permets de transformer mon côté mauvais, ce qui peut faire du mal à moi et aux autres, je permets à la victoire du Christ de s’affirmer dans ma vie, d’élargir son action bienfaitrice. Telle est la puissance de la grâce ! Sans la grâce, nous ne pouvons rien. Et avec la grâce du baptême et de la communion eucharistique je peux devenir un instrument de la miséricorde de Dieu, de la belle miséricorde de Dieu !

Exprimer dans la vie le sacrement que nous avons reçu : voilà, chers frères et sœurs notre tâche quotidienne, mais je dirais aussi notre joie quotidienne ! La joie de se sentir des instruments de la grâce du Christ, comme les sarments de la vigne qui est Lui-même, animés par la sève de son Esprit !

Prions ensemble, dans le nom du Seigneur mort et ressuscité, et par l’intercession de la très sainte Marie, afin que le Mystère pascal puisse agir profondément en nous et dans notre temps, afin que la haine liasse la place à l’amour le mensonge à la vérité, la vengeance au pardon, la tristesse à la joie.

Parole du pape – en italien – après le Regina Coeli

Je vous salue tous avec affection, chers pèlerins venus de différents continents pour participer à cette rencontre de prière. 

Je vous souhaite à chacun de passer sereinement ce Lundi de l’Ange, où résonne avec force la joyeuse annonce de Pâques : le Christ est ressuscité ! 

Bonnes fêtes de Pâques à tous ! Bonnes Pâques à tous et bon déjeuner !