dimanche 9 février 2014

Le chrétien apporte la lumière

Paroles du Pape François avant l'Angelus.


Frères et sœurs, bonjour !

Dans l’Évangile de ce dimanche, qui vient juste après les Béatitudes, Jésus dit à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-14). Cela nous étonne un peu si nous pensons à ceux que Jésus avait devant lui quand il prononçait ces paroles. Qui étaient ces disciples ? C’étaient des pêcheurs, des gens simples… Mais Jésus les regarde avec les yeux de Dieu, et son affirmation se comprend justement comme une conséquence des Béatitudes. Il veut dire : si vous êtes pauvres en esprit, si vous êtes doux, si vous avez le cœur pur, si vous êtes miséricordieux, vous serez le sel de la terre et la lumière du monde !

Pour mieux comprendre ces images, ayons présent à l’esprit que la Loi juive prescrivait de mettre un peu de sel sur toute offrande faite à Dieu, comme un signe de l’alliance. Et puis la lumière, pour Israël, était le symbole de la révélation messianique qui triomphe sur les ténèbres du paganisme. Les chrétiens, nouvel Israël, reçoivent donc une mission à l’égard de tous les hommes : par la foi et la charité ils peuvent orienter, consacrer l’humanité, la rendre féconde. Nous tous qui sommes baptisés, nous sommes des disciples missionnaires et nous sommes appelés à devenir dans le monde un Évangile vivant : par une vie sainte, nous donnerons de la « saveur » aux différents milieux et nous les défendrons contre la corruption, comme le fait le sel ; et nous apporterons la lumière du Christ par le témoignage d’une charité authentique. Mais si nous, les chrétiens, nous perdons notre saveur et si nous renonçons à notre présence comme sel et lumière, nous perdons notre efficacité. Comme elle est belle cette mission de donner la lumière au monde ! C’est une mission que nous avons. Elle est belle ! Il est aussi très beau de conserver la lumière que nous avons reçue de Jésus, de la protéger, de la conserver. Le chrétien devrait être une personne lumineuse qui apporte la lumière, qui donne toujours la lumière ! Une lumière qui ne lui appartient pas, mais c’est le cadeau de Dieu, c’est le cadeau de Jésus. Et nous, nous portons cette lumière. Si le chrétien éteint cette lumière, sa vie n’a pas de sens : il n’est chrétien que de nom, il n’apporte pas la lumière, sa vie est dépourvue de sens. Mais maintenant, je voudrais vous demander : comment voulez-vous vivre ? Comme une lampe allumée ou comme une lampe éteinte ? Allumée ou éteinte ? Comment voulez-vous vivre ? [La foule répond : « Allumée ! »]. Une lampe allumée ! C’est justement Dieu qui nous donne cette lumière et nous, nous la donnons aux autres. Une lampe allumée : voilà la vocation chrétienne !


Paroles du Pape à l'issue de l'Angélus.

Après-demain, 11 février, nous célébrerons la mémoire de la Bienheureuse Vierge de Lourdes, et nous vivrons la Journée mondiale du malade. C’est l’occasion propice pour mettre les personnes malades au centre de la communauté. Prier pour elles et avec elles, leur être proches. Le Message pour cette journée est inspiré par une expression de saint Jean : Foi et charité : « Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3, 16). En particulier, nous pouvons imiter l’attitude de Jésus à l’égard des malades, des malades en tous genres : le Seigneur prend soin de tous, il partage leur souffrance et ouvre le cœur à l’espérance.

Je pense aussi à tous les professionnels de la santé : quel travail précieux ils font ! Merci beaucoup pour votre précieux travail. Ils rencontrent chaque jour chez les malades non seulement des corps marqués par la fragilité, mais des personnes, auxquelles offrir une attention et des réponses adaptées. La dignité de la personne ne se réduit jamais à ses facultés ou capacités, et elle ne vient pas à manquer quand la personne elle-même est faible, invalide ou a besoin d’aide. Je pense aussi aux familles, où il est normal de prendre soin de celui qui est malade ; mais parfois les situations peuvent être plus difficiles... Beaucoup m’écrivent, et je voudrais aujourd’hui assurer toutes ces familles de ma prière, et je leur dis : n’ayez pas peur de la fragilité ! N’ayez pas peur de la fragilité ! Aidez-vous les uns les autres avec amour et vous sentirez la présence réconfortante de Dieu.

L’attitude généreuse et chrétienne envers les malades est le sel de la terre et la lumière du monde. Que la Vierge Marie nous aide à la mettre en pratique, et obtienne paix et réconfort pour toutes les personnes qui souffrent [...].

Je prie pour ceux qui souffrent des dégâts et des difficultés causés par des calamités naturelles, dans différents pays — ici aussi à Rome — : je suis proche d’eux. La nature nous met au défi d’être solidaires et attentifs à la protection de la création, également pour prévenir, autant que possible, les conséquences les plus graves.

Avant de vous laisser, il me vient à l’esprit la question que je vous ai posée : une lampe allumée ou une lampe éteinte ? Qu’est-ce que vous désirez ? Le chrétien apporte la lumière ! Il est une lampe allumée ! Allez toujours de l’avant avec la lumière de Jésus !

Je souhaite à tous un bon dimanche et un bon déjeuner. Au revoir !


samedi 8 février 2014

"N’hésitez pas à avoir recours à la Vierge Marie pour toute nécessité"

Discours du Pape François aux pélerins venus du Sri Lanka.

Bonjour,

Je vous salue, chers frères et sœurs de la communauté sri-lankaise en Italie! Je salue fraternellement le cardinal Malcolm Ranjith et les autres évêques de votre patrie. Et je remercie le cardinal Ranjith pour son invitation à visiter le Sri Lanka. J’accepte cette invitation et je crois que le Seigneur nous en offrira la grâce. Vous êtes venus en pèlerinage à Rome pour rendre hommage à la Vierge, au terme des célébrations pour le 75e anniversaire de la consécration à Marie de l’Eglise qui est au Sri Lanka.

Il y a soixante-quinze ans, les sombres nuages de ce qui deviendrait la deuxième guerre mondiale s’amassaient dans les cieux, et les fidèles, guidés par une intuition de foi sûre, s’en remirent à la Vierge, qui défend toujours ses enfants contre les dangers. En 1940, dans les circonstances dramatiques de la guerre, l’archevêque de Colombo, Mgr Jean-Marie Masson, des Oblats de Marie Immaculée, fit le vœu de faire construire un sanctuaire en l’honneur de la Vierge si l’île était préservée d’une invasion étrangère. Ainsi en fut-il, et après la fin de la guerre fut édifié le beau sanctuaire de Notre-Dame de Lanka, à Tewatte, consacré il y a quarante ans.

Chers frères et sœurs, la Vierge est toujours proche de nous, elle regarde chacun de nous avec un amour maternel et nous accompagne toujours sur notre chemin. N’hésitez pas à avoir recours à Elle pour toute nécessité, surtout quand se fait sentir le poids de la vie avec tous ses problèmes.

Votre patrie est appelée la Perle de l’Océan indien, en raison de sa beauté naturelle et sa forme. On dit que la perle est formée par les larmes de l’huître. Malheureusement, bien des larmes ont été versées ces dernières années, à cause d’un conflit intérieur qui a provoqué de nombreuses victimes et causé beaucoup de dégâts. Il n’est pas facile, je le sais, de guérir les blessures et de collaborer avec l’adversaire d’hier pour construire ensemble demain, mais c’est le seul chemin qui nous offre une espérance en l’avenir, une espérance de développement et une espérance de paix. C’est pourquoi je vous assure que vous avez une place particulière dans ma prière. Je supplie le Seigneur de vous faire don de la paix et de la réconciliation, et de vous aider dans la tentative d’assurer un avenir meilleur pour tous les habitants du Sri Lanka.

Je vous confie à l’intercession maternelle de Marie, Notre Dame de Lanka. Et je vous demande de prier pour moi et vous bénis de tout cœur.

vendredi 7 février 2014

La religion chrétienne n’est pas une science abstraite, mais une connaissance existentielle du Christ

Discours du Pape François aux Evêques de Pologne en visite ad limina.

Chers frères dans l’épiscopat,

Je salue cordialement chacun d’entre vous, ainsi que les Églises particulières que le Seigneur a confiées à votre conduite paternelle. Je remercie Mgr Józef Michalik pour ses paroles et en particulier de m’avoir assuré que l’Église qui est en Pologne prie pour moi et pour mon ministère. Nous nous rencontrons, si l’on peut dire, à la veille de la canonisation du bienheureux Jean-Paul II. Nous avons tous dans le cœur ce grand pasteur qui, à toutes les étapes de sa mission — comme prêtre, évêque et Pape — nous a donné un exemple lumineux d’abandon total à Dieu et à sa mère, et d’un dévouement complet à l’Église et à l’homme. Du ciel, il nous accompagne et nous rappelle l’importance de la communion spirituelle et pastorale entre les évêques. L’unité des pasteurs, dans la foi, dans la charité, dans l’enseignement et dans le souci du bien des fidèles, constitue un point de référence pour la communauté ecclésiale entière et pour quiconque cherche une orientation sûre dans son chemin quotidien sur les voies du Seigneur. Que rien ni personne ne puisse introduire de divisions entre vous, chers frères ! Vous êtes appelés à construire la communion et la paix enracinées dans l’amour fraternel et à en donner à tous un exemple encourageant. Et une telle attitude sera certainement féconde et offrira à votre peuple fidèle la force de l’espérance.

Au cours de nos rencontres de ces derniers jours, j’ai eu la confirmation du fait que l’Église qui est en Pologne a de grandes potentialités de foi, de prière, de charité et de pratique chrétienne. Grâce à Dieu, il y a en Pologne une bonne pratique des sacrements, des initiatives valables dans les secteurs de la nouvelle évangélisation et de la catéchèse, une vaste activité caritative et sociale, et une évolution satisfaisante des vocations sacerdotales. Tous ces éléments favorisent la formation chrétienne des personnes, une pratique motivée et convaincue, une disponibilité des laïcs et des religieux pour collaborer activement dans les structures ecclésiales et sociales. Dans la mesure où l’on observe aussi un certain fléchissement de la vie chrétienne, sous divers aspects, un discernement est nécessaire, ainsi qu’une recherche des motifs et des moyens d’aborder les nouveaux défis comme, par exemple, l’idée d’une liberté sans limites, une tolérance hostile ou méfiante vis-à-vis de la vérité, ou encore un ressentiment envers la juste opposition de l’Église au relativisme dominant.

Avant tout, dans le cadre de la pastorale ordinaire, je voudrais concentrer votre attention sur la famille, « cellule de base de la société », « lieu où l’on apprend à vivre ensemble dans la différence et à appartenir à d’autres, et où les parents transmettent la foi à leurs enfants » (Exhort. apost. Evangelii gaudium, n. 66). Mais aujourd’hui, le mariage est souvent considéré comme une forme de gratification affective qui peut s’exprimer de n’importe quelle façon et être modifiée selon la sensibilité de chacun. Malheureusement, cette vision a une influence sur la mentalité des chrétiens, facilitant le recours au divorce ou à la séparation de fait. Les pasteurs sont appelés à se demander comment aider ceux qui vivent dans cette situation, afin qu’ils ne se sentent pas exclus de la miséricorde de Dieu, de l’amour fraternel d’autres chrétiens et de la sollicitude de l’Église pour leur salut ; ils doivent aussi chercher comment les aider à ne pas abandonner la foi et à élever leurs enfants dans la plénitude de l’expérience chrétienne.

D’autre part, il faut se demander comment améliorer la préparation des jeunes au mariage, de sorte qu’ils puissent découvrir de plus en plus la beauté de cette union qui, bien fondée sur l’amour et sur la responsabilité, est en mesure de dépasser les épreuves, les difficultés et les égoïsmes par le pardon mutuel, en réparant ce qui risque d’être ruiné et sans tomber dans le piège de la mentalité du rebut. Il faut s’interroger sur la manière d’aider les familles à vivre et à apprécier les moments de joies comme les moments de souffrance et de faiblesse.

Que les communautés ecclésiales soient des lieux d’écoute, de dialogue, de réconfort et de soutien pour les époux, dans leur chemin conjugal et dans leur mission d’éducation. Qu’ils trouvent toujours chez les pasteurs le soutien de pères et de guides spirituels authentiques qui les protègent contre les menaces des idéologies négatives et les aident à devenir forts en Dieu et dans son amour.

La perspective de la prochaine Rencontre mondiale de la jeunesse, qui aura lieu à Cracovie en 2016, me fait penser aux jeunes qui, avec les personnes âgées, sont l’espérance de l’Église. Aujourd’hui, un monde riche d’instruments informatiques leur offre de nouvelles possibilités de communication tout en réduisant les rapports interpersonnels de contacts directs, d’échanges de valeurs et de partages d’expériences. Toutefois, dans le cœur des jeunes, il existe une attente anxieuse de quelque chose de plus profond, qui valorise pleinement leur personnalité. Il faut aller à la rencontre de ce désir.

Dans ce sens, la catéchèse offre de vastes possibilités. Je sais qu’en Pologne, la majorité des élèves y participent dans les écoles et acquièrent ainsi une bonne connaissance des vérités de la foi. Cependant, la religion chrétienne n’est pas une science abstraite, mais une connaissance existentielle du Christ, un rapport personnel avec Dieu qui est amour. Il faut peut-être insister davantage sur la formation de la foi vécue comme une relation, dans laquelle on fait l’expérience de la joie d’être aimé et de pouvoir aimer. Il est nécessaire que les catéchistes et les pasteurs intensifient leur attention pour que les nouvelles générations puissent découvrir pleinement la valeur des sacrements comme moyens privilégiés de rencontre avec le Christ vivant et source de grâce. Les jeunes doivent être encouragés à faire partie des mouvements et des associations dont la spiritualité se fonde sur la Parole de Dieu, sur la liturgie, sur la vie communautaire et sur le témoignage missionnaire. Qu’ils trouvent aussi des occasions d’exprimer leur disponibilité et l’enthousiasme de leur jeunesse dans les œuvres de charité développées par les groupes paroissiaux ou scolaires de la Caritas ou dans d’autres formes de volontariat et de vie missionnaire. Que leur foi, leur amour et leur espérance soit fortifiés et portent du fruit dans un engagement concret au nom du Christ.

Le troisième point d’attention que je voudrais vous recommander concerne les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée. Je remercie avec vous le Seigneur qui, ces dernières décennies, a appelé en terre polonaise de nombreux ouvriers pour sa moisson. Tant de bons et saints prêtres polonais vivent leur ministère avec dévouement dans les Églises locales ou à l’étranger et dans les missions ! Que l’Église de Pologne ne se lasse pas de prier pour les nouvelles vocations sacerdotales ! C’est à vous, chers évêques, que revient la charge de veiller à ce que cette prière se traduise en engagement concret dans la pastorale des vocations et dans une bonne préparation des candidats dans les séminaires.

En Pologne, grâce à la présence de bonnes universités et facultés de théologie, les séminaristes reçoivent une solide préparation intellectuelle et pastorale. Celle-ci doit toujours être accompagnée d’une formation humaine et spirituelle, afin qu’ils vivent une relation personnelle intense avec le Bon pasteur, qu’ils soient des hommes de prière assidue, ouverts à l’action de l’Esprit Saint, généreux, pauvres en esprit, remplis d’un amour ardent pour le Seigneur et pour leur prochain.

Dans le ministère sacerdotal, la lumière du témoignage pourrait être obscurcie ou « cachée sous le lampadaire » s’il manquait l’esprit missionnaire, la volonté de « sortir » dans une conversion missionnaire sans cesse renouvelée, pour aller chercher — y compris dans les périphéries — et approcher ceux qui attendent la Bonne Nouvelle du Christ. Ce style apostolique requiert aussi un esprit de pauvreté, d’abandon, pour être libres dans l’annonce et sincères dans le témoignage de la charité. À cet égard, je rappelle les paroles du bienheureux Jean-Paul II : « On attend de nous tous, prêtres de Jésus Christ, que nous soyons fidèles à l’exemple qu’il a laissé. Que nous soyons par conséquent “pour les autres”. Et si “nous avons”, que nous ayons aussi “pour les autres”. Et cela d’autant plus que si nous avons, nous avons reçu “des autres” (…) Avec un style de vie proche de celui d’une famille moyenne, ou plutôt de celui d’une famille plus pauvre » (Discours aux séminaristes, aux clercs et aux religieux, cathédrale de Szczecin, 11 juin 1987, n. 9).

N’oublions pas, chers frères, les vocations à la vie consacrée, surtout les vocations féminines. Comme vous l’avez observé, la baisse des engagements dans les congrégations religieuses est préoccupante aussi en Pologne : c’est un phénomène complexe, aux causes multiples. Je souhaite que les instituts religieux féminins puissent continuer d’être, en s’adaptant à notre époque, des lieux privilégiés de l’affirmation et de la croissance humaine et spirituelle des femmes. Que les religieuses soient prêtes à affronter les tâches et les missions, même difficiles et exigeantes, qui valorisent leurs capacités intellectuelles, affectives et spirituelles, leurs talents et leurs charismes personnels. Prions pour les vocations féminines et accompagnons de notre estime nos sœurs qui dépensent leur vie, souvent dans le silence et à l’insu de tous, pour le Seigneur et pour l’Église, dans la prière, la pastorale et la charité.

Je conclus en vous exhortant à la sollicitude envers les pauvres. En Pologne aussi, malgré le développement économique actuel du pays, il y a beaucoup de personnes démunies, au chômage, sans abri, malades, abandonnées, ainsi que de nombreuses familles, surtout les familles nombreuses, qui manquent des moyens nécessaires pour vivre et éduquer leurs enfants. Soyez proches d’elles ! Je sais tout ce que fait l’Église dans ce domaine en Pologne, donnant la preuve d’une grande générosité non seulement dans votre patrie mais aussi dans d’autres pays du monde. Je vous en remercie, vous et vos communautés. Continuez d’encourager vos prêtres, les religieux et tous les fidèles à avoir l’« imagination de la charité » et à la pratiquer sans cesse. Et n’oubliez pas ceux qui, pour divers motifs, quittent leur pays et cherchent à construire une nouvelle vie à l’étranger. Leur nombre croissant et leurs exigences requièrent certainement davantage d’attention de la part de la Conférence épiscopale. Accompagnez-les avec une sollicitude pastorale adéquate, pour qu’ils puissent conserver leur foi et les traditions religieuses du peuple polonais.

Chers frères, je vous remercie pour votre visite. Apportez mes salutations cordiales à vos Églises particulières et à tous vos compatriotes. Que la Vierge Marie, Reine de la Pologne, intercède pour l’Église dans votre pays : qu’elle protège de son manteau les prêtres, les religieux, les religieuses et tous les fidèles et qu’elle obtienne pour chacun et pour chaque communauté la plénitude des grâces du Seigneur. Et prions-la ensemble : Sub tuum praesidium confugimus, Sancta Dei Genitrix, nostras deprecationes ne despicias in necessitatibus, sed a periculis cunctis libera nos semper, Virgo gloriosa et benedicta.

mercredi 5 février 2014

L’action de grâce ultime au Père

Audience Générale du Pape François.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui je vous parlerai de l’Eucharistie. L’Eucharistie se situe au cœur de l’« initiation chrétienne », avec le baptême et la confirmation, et elle constitue la source de la vie même de l’Église. En effet, de ce sacrement de l’amour naît tout authentique chemin de foi, de communion et de témoignage.

Ce que nous voyons quand nous nous rassemblons pour célébrer l’Eucharistie, la Messe, nous laisse déjà imaginer ce que nous allons vivre. Au centre de l’espace destiné à la célébration se trouve l’autel, qui est une table, recouverte d’une nappe, et cela nous fait penser à un banquet. Sur la table se trouve une croix, qui indique que sur cet autel on offre le sacrifice du Christ : c’est Lui la nourriture spirituelle que l’on reçoit là, sous les signes du pain et du vin. À côté de la table se trouve l’ambon, c’est-à-dire le lieu d’où l’on proclame la Parole de Dieu : et cela indique que l’on se rassemble en ce lieu pour écouter le Seigneur qui parle à travers les Saintes Écritures, et la nourriture que l’on reçoit est donc également sa Parole.

Parole et Pain pendant la Messe deviennent tout un, comme pendant la dernière Cène, quand toutes les paroles de Jésus, tous les signes qu’il avait accomplis, se condensèrent dans le geste de rompre le pain et d’offrir la coupe, anticipation du sacrifice de la croix, et dans ces mots : « Prenez et mangez, ceci est mon corps... Prenez et buvez, ceci est mon sang ».

Le geste de Jésus accompli lors de la Dernière Cène est l’action de grâce ultime au Père pour son amour, pour sa miséricorde. En grec « action de grâce » se dit Eucharistie. C’est pourquoi le sacrement s’appelle Eucharistie : c’est l’action de grâce suprême au Père, qui nous a aimés au point de nous donner son Fils par amour. Voilà pourquoi le terme Eucharistie résume tout ce geste, qui est un geste de Dieu et de l’homme ensemble, un geste de Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme.

La célébration eucharistique est donc bien plus qu’un simple banquet : c’est précisément le mémorial de la Pâque de Jésus, le mystère central du salut. « Mémorial » ne signifie pas seulement un souvenir, un simple souvenir, mais veut dire qu’à chaque fois que nous célébrons ce sacrement nous participons au mystère de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ. L’Eucharistie constitue le sommet de l’action de salut de Dieu : le Seigneur Jésus, se faisant pain rompu pour nous, déverse en effet sur nous toute sa miséricorde et son amour, de manière à renouveler notre cœur, notre existence et notre façon de nous mettre en relation avec Lui et avec nos frères. C’est pourquoi communément, quand on s’approche de ce sacrement, on dit « recevoir la communion », « faire la communion » : cela signifie que dans la puissance du Saint-Esprit, la participation à la table eucharistique nous configure de manière unique et profonde au Christ, en nous faisant goûter dès à présent la pleine communion avec le Père qui caractérisera le banquet céleste, où avec tous les saints nous aurons la joie de contempler Dieu face à face.

Chers amis, nous ne remercierons jamais assez le Seigneur pour le don qu’il nous a fait avec l’Eucharistie ! C’est un don si grand et c’est pour cela qu’il est si important d’aller à la Messe le dimanche. Aller à la Messe non seulement pour prier, mais pour recevoir la communion, ce pain qui est le corps de Jésus Christ qui nous sauve, nous pardonne, nous unit au Père. Il est beau de faire tout cela ! Et tous les dimanches allons à la Messe, car c’est précisément le jour de la résurrection du Seigneur. C’est pourquoi le dimanche est si important pour nous. Et avec l’Eucharistie nous ressentons précisément cette appartenance à l’Église, au Peuple de Dieu, au Corps de Dieu, à Jésus Christ. Nous ne finirons jamais d’en saisir toute la valeur et la richesse. Demandons-lui alors que ce sacrement puisse continuer à maintenir vivante dans l’Église sa présence et à façonner nos communautés dans la charité et dans la communion, selon le cœur du Père. C’est ce que l’on fait au cours de toute sa vie, mais on commence à le faire le jour de la première communion. Il est important que les enfants se préparent bien à la première communion et que chaque enfant la fasse, car c’est le premier pas de cette puissante appartenance à Jésus Christ, après le baptême et la confirmation.

dimanche 2 février 2014

Les personnes consacrées sont signe de Dieu

Paroles du Pape avant l'Angelus.

Chers frères et sœurs, bonjour.

Aujourd’hui nous célébrons la fête de la présentation de Jésus au Temple. Cette date est aussi celle de la Journée de la vie consacrée, qui rappelle l’importance pour l’Église de ceux qui ont accueilli la vocation à suivre Jésus de près sur la voie des conseils évangéliques. L’Évangile d’aujourd’hui raconte que, quarante jours après la naissance de Jésus, Marie et Joseph portèrent l’Enfant au Temple pour l’offrir et le consacrer à Dieu, comme cela est prescrit par la loi juive. Cet épisode évangélique est aussi une icône du don de la vie que font ceux qui, par un don de Dieu, assument les traits particuliers de Jésus vierge, pauvre et obéissant.

Cette offrande de soi à Dieu concerne chaque chrétien, car nous sommes tous consacrés à Lui à travers le baptême. Nous sommes tous appelés à nous offrir au Père avec Jésus et comme Jésus, en faisant de notre vie un don généreux, en famille, au travail, dans le service de l’Église, dans les œuvres de miséricorde. Cependant, cette consécration est vécue de façon particulière par les religieux, les moines, les laïcs consacrés, qui par la profession des vœux appartiennent à Dieu de façon pleine et exclusive. Cette appartenance au Seigneur permet à ceux qui la vivent de façon authentique d’offrir un témoignage spécial à l’Évangile du Royaume de Dieu. Totalement consacrés à Dieu, ils sont totalement livrés aux frères, pour apporter la lumière du Christ là où les ténèbres sont les plus épaisses et pour répandre son espérance dans les cœurs découragés.

Les personnes consacrées sont signe de Dieu dans les divers milieux de vie, elles sont levain pour la croissance d’une société plus juste et fraternelle, elles sont prophétie de partage avec les petits et les pauvres. Comprise et vécue ainsi, la vie consacrée nous apparaît comme elle est réellement : elle est un don de Dieu, un don de Dieu à l’Église, un don de Dieu à son peuple ! Chaque personne consacrée est un don pour le peuple de Dieu en chemin. Il y a tant besoin de ces présences, qui fortifient et renouvellent l’engagement pour la diffusion de l’Évangile, de l’éducation chrétienne, de la charité envers les plus nécessiteux, de la prière contemplative ; l’engagement de la formation humaine, de la formation spirituelle des jeunes, des familles ; l’engagement pour la justice et la paix dans la famille humaine. Mais pensons un peu à ce qui se passerait s’il n’y avait pas les sœurs dans les hôpitaux, les sœurs dans les missions, les sœurs dans les écoles. Mais pensez à une Église sans sœurs ! On ne peut pas l’imaginer : elles sont ce don, ce levain qui fait avancer le peuple de Dieu. Elles sont grandes, ces femmes qui consacrent leur vie à Dieu, qui perpétuent le message de Jésus.

L’Église et le monde ont besoin de ce témoignage d’amour et de miséricorde de Dieu. Les personnes consacrées, les religieux, les religieuses sont le témoignage que Dieu est bon et miséricordieux. C’est pourquoi il est nécessaire de valoriser avec gratitude les expériences de vie consacrée et d’approfondir la connaissance des divers charismes et spiritualités. Il faut prier pour que de nombreux jeunes répondent «oui» au Seigneur qui les appelle à se consacrer totalement à Lui pour servir de manière désintéressée nos frères; consacrer sa vie pour servir Dieu et ses frères.

Pour tous ces motifs, comme cela a déjà été annoncé, l’année prochaine sera dédiée de façon spéciale à la vie consacrée. Confions déjà cette initiative à l’intercession de la Vierge Marie et de saint Joseph, qui, comme parents de Jésus, ont été les premiers à être consacrés par Lui et à consacrer leur vie à Lui.


À l'issue de l'Angélus.

Je salue les familles, les paroisses, les associations et tous les pèlerins venus de Rome, d’Italie et de tant de parties du monde.

En Italie, on célèbre aujourd’hui la Journée pour la vie, qui a pour thème « Engendrer l’avenir ». J’adresse mon salut et mes encouragements aux associations, aux mouvements et aux centres culturels engagés dans la défense et la promotion de la vie. Je m’unis aux évêques italiens, pour rappeler que « tout enfant est voulu par le Seigneur qui aime la vie, don pour la famille et pour la société » (Message pour la XXXVIe Journée nationale pour la vie). Que chacun, dans son rôle et dans son milieu de vie, se sente appelé à aimer et à servir la vie, à l’accueillir, la respecter et la promouvoir, spécialement lorsqu’elle est fragile et qu’elle nécessite de l’attention et des soins, dès le sein maternel jusqu’à sa fin sur cette terre.
Je salue le cardinal-vicaire et les personnes qui sont impliquées dans le diocèse de Rome pour l’animation de la Journée pour la vie. J’exprime mon appréciation aux professeurs universitaires qui, à cette occasion, ont organisé des congrès sur les problématiques actuelles liées à la natalité. Merci beaucoup.

Ma pensée se tourne vers les populations bien-aimées de Rome et de la Toscane, touchées par des pluies qui ont provoqué des inondations. Que notre solidarité concrète et notre prière ne fassent pas défaut à nos frères qui sont dans l’épreuve. Chers frères et sœurs, je suis proche de vous !

Je souhaite à tous un bon dimanche et un bon déjeuner. Au revoir !

La joie d’être guidés par l’Esprit, toujours ouverts à la voix de Dieu qui nous invite à aller vers l’horizon

Homélie du Pape François, en la fête de la présentation de Jésus au Temple.


La fête de la présentation de Jésus au Temple est appelée également la fête de la rencontre : dans la liturgie, au début, il est dit que Jésus va à la rencontre de son Peuple, c’est la rencontre entre Jésus et son peuple ; quand Marie et Joseph amenèrent leur enfant au Temple de Jérusalem, eut lieu la première rencontre entre Jésus et son peuple, représenté par les deux vieillards Syméon et Anne.

Ce fut aussi une rencontre au sein de l’histoire du peuple, une rencontre entre les jeunes et les personnes âgées : les jeunes étaient Marie et Joseph, avec leur nouveau-né ; et les personnes âgées étaient Syméon et Anne, deux personnages qui fréquentaient toujours le Temple.

Observons ce que l’évangéliste Luc nous dit à leur propos, comment il les décrit. A propos de la Vierge et de saint Joseph, il répète à quatre reprises qu’ils voulaient faire ce qui était prescrit par la Loi du Seigneur (cf. Lc 2, 22.23.24.27). On saisit, on perçoit presque que les parents de Jésus ont la joie d’observer les préceptes de Dieu, oui, la joie de marcher dans la Loi du Seigneur! Ce sont deux nouveaux époux, ils viennent d’avoir leur enfant, et ils sont entièrement animés du désir d’accomplir ce qui est prescrit. Cela n’est pas un fait extérieur, ce n’est pas pour se sentir en règle, non ! C’est un désir fort, profond, plein de joie. C’est ce que dit le Psaume : « Dans la voie de ton témoignage j’ai ma joie ». Ta loi fait mes délices (119, 14.77).

Et que dit saint Luc à propos des personnes âgées ? Il souligne plus d’une fois qu’elles étaient guidées par le Saint-Esprit. Il affirme à propos de Syméon que c’était un homme juste et pieux, qui attendait la consolation d’Israël, et que « l’Esprit Saint reposait sur lui » (2, 25) ; il dit que « l’Esprit Saint l’avait averti » qu’avant de mourir il aurait vu le Christ, le Messie (v. 26) ; et enfin qu’il se rendit au Temple « poussé par l’Esprit » (v. 27). À propos d’Anne, il dit ensuite que c’était une « prophétesse » (v. 36), c’est-à-dire inspirée par Dieu ; et qu’elle était toujours dans le Temple « servant Dieu dans le jeûne et la prière » (v. 37). En somme, ces deux personnes âgées sont pleines de vie ! Elles sont pleines de vie, car elles sont animées par le Saint-Esprit, dociles à son action, sensibles à ses appels.

Et voilà la rencontre entre la Sainte Famille et ces deux représentants du peuple saint de Dieu. Au centre se trouve Jésus. C’est Lui qui anime tout, qui attire les uns et les autres au Temple, qui est la maison de son Père.

C’est une rencontre entre les jeunes pleins de joie dans l’observation de la Loi du Seigneur et les personnes âgées pleines de joie en raison de l’action du Saint-Esprit. C’est une rencontre particulière entre observance et prophétie, où les jeunes sont les observants et les personnes âgées sont les prophètes. En réalité, si nous réfléchissons bien, l’observance de la Loi est animée par l’Esprit lui-même, et la prophétie a lieu sur la route tracée par la Loi. Qui plus que Marie est emplie du Saint-Esprit ? Qui plus qu’elle est docile à son action ?

À la lumière de cette scène évangélique considérons la vie consacrée comme une rencontre avec le Christ : c’est Lui qui vient à nous, conduit par Marie et Joseph, et c’est nous qui allons vers Lui, guidés par le Saint-Esprit. Mais au centre, il y a Lui. C’est Lui qui anime tout, Lui qui nous attire au Temple, à l’Église, où nous pouvons le rencontrer, le reconnaître, l’accueillir, l’embrasser.

Jésus vient à notre rencontre dans l’Église à travers le charisme fondamental d’un Institut : il est beau de penser ainsi à notre vocation ! Notre rencontre avec le Christ a pris sa forme dans l’Église à travers le charisme de l’un de ses témoins, homme ou femme. Cela nous étonne toujours et nous fait rendre grâces.

Et dans la vie consacrée aussi on vit la rencontre entre les jeunes et les personnes âgées, entre observance et prophétie. Ne les voyons pas comme deux réalités opposées! Laissons plutôt le Saint-Esprit les animer toutes les deux, et le signe de cela est la joie : la joie d’observer, de marcher dans une règle de vie ; c’est la joie d’être guidés par l’Esprit, jamais rigides, jamais fermés, toujours ouverts à la voix de Dieu qui parle, qui ouvre, qui conduit, qui nous invite à aller vers l’horizon.

Cela fait du bien aux personnes âgées de communiquer la sagesse aux jeunes : et cela fait du bien aux jeunes de recueillir ce patrimoine d’expérience et de sagesse, et de le porter de l’avant, non pour le conserver dans un musée, mais pour le porter de l’avant en affrontant les défis que la vie nous présente, le porter de l’avant pour le bien des familles religieuses respectives et de toute l’Église.

Que la grâce de ce mystère, le mystère de la rencontre, nous illumine et nous réconforte sur notre chemin. Amen.

samedi 1 février 2014

Apportez à tous l’amour de Dieu!

Discours du Pape François aux représentants du Chemin néocatéchuménal.

Chers frères et sœurs,

Je remercie le Seigneur pour la joie de votre foi et pour l’ardeur de votre témoignage chrétien, merci à Dieu ! Je vous salue tous cordialement, à commencer par l’Equipe internationale responsable du Chemin néocatéchuménal, avec les prêtres, les séminaristes et les catéchistes. J’adresse un salut plein d’affection aux enfants, présents ici en grand nombre. Ma pensée va de manière particulière aux familles qui se rendront dans diverses parties du monde pour annoncer et témoigner de l’Évangile. L’Église vous est reconnaissante pour votre générosité! Je vous remercie pour tout ce que vous faites dans l’Église et dans le monde.

C’est précisément au nom de l’Église, notre Mère — notre Sainte Mère l’Église hiérarchique comme aimait à le dire saint Ignace de Loyola — au nom de l’Église que je voudrais vous proposer quelques simples recommandations. La première est celle de prendre le plus grand soin pour construire et conserver la communion au sein même des Églises particulières dans lesquelles vous irez œuvrer. Le Chemin possède son propre charisme, sa propre dynamique, un don qui comme tous les dons de l’Esprit possède une profonde dimension ecclésiale ; cela signifie se mettre à l’écoute de la vie des Églises dans lesquelles vos responsables vous envoie, à en valoriser les richesses, à souffrir pour ses faiblesses si nécessaire, et à marcher ensemble, comme un unique troupeau, sous la conduite des pasteurs des Églises locales. La communion est essentielle : il vaut peut être parfois mieux renoncer à vivre dans tous les détails ce que votre itinéraire exigerait, afin de garantir l’unité entre les frères qui forment l’unique communauté ecclésiale, dont vous devez toujours vous sentir une partie.

Une autre indication : partout où vous allez, cela vous fera du bien de penser que l’Esprit de Dieu arrive toujours avant nous. Cela est important : le Seigneur nous précède toujours !  Pensez à Philippe, quand le Seigneur l’envoie sur cette route où il rencontre un administrateur assis sur son char (cf. Ac 8, 27-28). L’Esprit est arrivée avant : celui-ci lisait le prophète Isaïe et ne le comprenait pas, mais son cœur brûlait. Ainsi, quand Philippe s’approche de lui, il est préparé pour la catéchèse et pour le baptême. L’Esprit nous précède toujours ; Dieu arrive toujours avant nous ! Même dans les lieux les plus lointains, même dans les cultures les plus diverses, Dieu répand partout la semence de son Verbe. De là naît la nécessité d’une particulière attention au contexte culturel dans lequel vous, familles, vous irez œuvrer : il s’agit d’un milieu souvent très différent de celui dont vous provenez. Un grand nombre d’entre vous peineront à apprendre la langue locale, parfois difficile, et cet effort est appréciable. D’autant plus important sera votre engagement à « apprendre » la culture que vous rencontrerez, en sachant reconnaître le besoin d’Évangile qui est présent partout, mais aussi cette action que le Saint-Esprit a accomplie dans la vie et dans l’histoire de chaque peuple.

Et enfin, je vous exhorte à avoir soin avec amour les uns des autres, de manière particulière des plus faibles. Le Chemin néocatéchuménal, en tant qu’itinéraire de découverte du propre baptême, est une route exigeante, le long de laquelle un frère ou une sœur peuvent trouver des difficultés imprévues. Dans ces cas-là, l’exercice de la patience et de la miséricorde de la part de la communauté est un signe de maturité dans la foi. La liberté de chacun ne doit pas être forcée, et l’on doit respecter également le choix éventuel de celui qui décide de chercher, en dehors du Chemin, d’autres formes de vie chrétienne qui l’aident à grandir dans la réponse à l’appel du Seigneur.

Chères familles, chers frères et sœurs, je vous encourage à apporter partout, également dans les milieux les plus déchristianisés, en particulier dans les périphéries existentielles, l’Évangile de Jésus Christ. Évangélisez avec amour, apportez à tous l’amour de Dieu. Dites à ceux que vous rencontrerez sur les routes de votre mission que Dieu aime l’homme tel qu’il est, même avec ses limites, avec ses erreurs, également aussi avec ses péchés. C’est pourquoi il a envoyé son Fils, pour qu’Il prenne nos péchés sur lui. Soyez les messagers et les témoins de la bonté infinie et de l’inépuisable miséricorde du Père.

Je vous confie à notre Mère, Marie, afin qu’elle inspire et qu’elle soutienne toujours votre apostolat. À l’école de cette tendre Mère, soyez des missionnaires zélés et joyeux. Ne perdez pas la joie, allez de l’avant !